Introduction

Les Nichoirs à Pollinisateurs sont des dispositifs utilisés pour un programme de sciences participatives de l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB), sous l’égide du Museum national d’Histoire naturelle (MNHN). Chaque « nichoir » consiste en une série de 32 tubes en carton, assemblés en un cylindre, et installés sur une clôture, une branche d’arbre ou tout autre support à l’extérieur. Ils servent de lieu de pontes pour les abeilles sauvages, et nous permettent de mieux en connaître leur diversité et abondance sur une parcelle. De nombreuses études ont montré leur importance dans la pollinisation. Certaines sont actives dès le mois de mars, plus tôt que l’abeille domestique.

© Frédéric Goes/Aéro Biodiversité, Aéroport Bastia-Poretta, Septembre 2017 – nichoir plein
© Julia Seitre/Aéro Biodiversité, Aéroport Tours Val de Loire, Avril 2019 – installation nichoir
© Roland Seitre/Aéro Biodiversité, Aéroport de Morlaix Ploujean, Mai 2015, installation nichoir

Pourquoi ?

Les insectes pollinisateurs, dont la très connue Abeille mellifère n’est pas l’unique représentante, jouent un rôle prépondérant dans le fonctionnement des écosystèmes terrestres. Du fait de la réduction des surfaces naturelles propices – expansion des zones urbaines, intensification de l’agriculture – les indispensables pollinisateurs se font de plus en plus rares dans nos paysages.

Les prairies des aéroports sont des zones peu fréquentées, généralement préservées des nombreux pesticides utilisés dans les zones agricoles et elles constituent donc des milieux potentiellement intéressants pour les insectes.

Les données ainsi collectées sur les aéroports, et sur plus de 500 autres parcelles (essentiellement agricoles) en France permettent aux chercheurs du MNHN de mieux connaître les abeilles sauvages et les facteurs environnementaux qui les favorisent ou qui les menacent.

Andrène, abeille solitaire, à l'entrée d'un tube, Aéroport de Montpellier Méditerranée, © Carole Attié/Aéro Biodiversité

Comment ?

Les nichoirs à pollinisateurs sont toujours disposés par deux sur une parcelle, espacés de 5m l’un de l’autre et fixés à 1m du sol. Ils doivent être placés dès le mois de février, lorsque sortent les premières abeilles sauvages, et rester en place jusqu’en novembre. Une fois par mois, l’observateur note le nombre de tubes qui sont bouchés ainsi que le matériau utilisé pour fabriquer l’opercule.

Chaque groupe d’insectes pollinisateurs utilise des matériaux particuliers pour protéger les alvéoles dans lesquelles a été déposé un oeuf. Ce matériaux est visible lorsque le tube est finalement bouché tout au bout. Par exemple, les Mégachiles utilisent des morceaux de feuilles découpées, alors que les Osmies utilisent de la terre/boue.

Mégachile, abeille solitaire, © Roland Seitre/Aéro Biodiversité, Lorraine Airport juin 2017
Osmie, abeille solitaire, © Roland Seitre/Aéro Biodiversité, Carcassonne Sud de France, Juillet 2019

Exemples sur Aéroports

  • Evolution de l’occupation d’un nichoir au cours de la saison 2019, tubes obturés par de la boue et des feuilles mâchées.
Nichoir 4 à l'aéroport d'Ajaccio Napoléon Bonaparte, en avril, juin, juillet et septembre 2019, © Aéro Biodiversité
  • Occupation de nichoirs :

– G : Aéroport de Bastia-Poretta en fin de saison en septembre 2019 : morceaux de feuilles en haut à gauche, tiges séchées en haut, coton au milieu, et feuilles mâchées pour le reste des tubes bouchés.

– D : Aéroport de paris-Charles de Gaulle en juillet 2019 : morceaux de feuilles à gauche et terre/boue à droite

Occupation d'un nichoir à l'aéroport de Bastia-Poretta en septembre 2019
Occupation d'un nichoir à l'aéroport de Bastia-Poretta en septembre 2019
Occupation d'un nichoir à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle en juillet 2019
Occupation d'un nichoir à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle en juillet 2019

Le saviez vous ?

« Il existe environ 1000 espèces d’abeilles en France. La plus connue : l’abeille domestique (Apis mellifera), est une seule de ces espèces, les autres sont sauvages.

L’abeille domestique (Apis mellifera) est une espèce de la famille des Apidés. De très près, on peut la distinguer des autres espèces par une cellule particulière très allongée en bout d’aile. Sur le terrain, c’est une abeille à l’abdomen annelé, au thorax légèrement velu et gris-jaunâtre et de belles dimensions (environ deux fois la longueur d’une mouche domestique). Attention à ne pas confondre les bourdons (espèces du genre Bombus, très velus, également classés dans la famille des Apidés) avec les mâles d’abeille domestique appelés parfois « faux bourdons » que l’on reconnait à leur extrémité abdominale plutôt carrée et à leurs très gros yeux se touchant sur le sommet du crâne, à la manière des mouches ou des taons ! »

Abeille domestique (Apis mellifera), © Roland Seitre/Aéro Biodiversité, Aéroport de Strasbourg, Mai 2017 Les abeilles domestiques sont reconnaissable grâce à la cellule en forme de bananes au bord de l’aile